La démocratie à l’argentine 3


article précédent : https://enargentine.wordpress.com/2010/01/08/la-democratie-a-largentine-2/

Ils  s’en passent des choses ici en ce début d’année… les chambres ont changées de main et les grandes manoeuvres ont commencées mais n’ont pas pour autant fait changé celles du parti au pouvoir.

Ainsi donc en ce début d’année la présidente a annoncé à grand renforts médiatiques la création d’un fond spécial du bicentenaire pour être certain de rembourser la dette de l’argentine sur l’année 2010. Cela se fera avec… l’argent des réserves de la banque nationale !!!

M.Redrado, directeur de l’organisme et qui appris la nouvelle comme tout le monde, par la télévision, demande à une équipe d’avocats de voir si cela ne pourrait pas avoir une influence désastreuse sur les réserves de la banque placées aux Etats-unis et qui pourraient dans ce cas être saisies par la justice américaine pour rembourser les porteurs de bons argentins de 2001 mis en défaut… Il annonce d’autre part que l’argent de la banque centrale a pour but de soutenir le pesos et non de donner des marges de manoeuvre au gouvernement, d’autant plus que celui-ci a déjà prévu dans son budget un poste pour le remboursement de la dette.

La réponse ne se fit pas attendre; convocation chez le chef de cabinet et annonce par celui-ci de la démission de Redrado… démission aussitôt démentie par le dénommé assurant qu’il compte bien rester en charge jusque la fin de son mandat tout en rappelant  la charte de la banque qui prévoit une indépendance vis à vis du pouvoir.

Le lendemain, la présidente signe un DNU (décret d’urgence) ordonnant la démission de Redrado; droit qui lui est donné par la loi… sauf que celle-ci stipule qu’une commission parlementaire doit statuer à ce propos, même si son avis est purement informatif et que la décision reste dans les mains de la présidente. La chambre et le sénat étant en vacances, l’interprètation faite par le pouvoir fut qu’il est impossible de se conformer aux directives prévues par la loi et que, de toute manière, la présidente est seule responsable en la matière (dixit A.Boudou, ministre de l’économie).

L’année commence donc par:

  • crise avec le pouvoir législatif qui a été tout bonnement snobé
  • crise avec le pouvoir judiciaire  qui a été saisi par : la province de San luis pour annuler la création du fond du bicentenaire, par Redrado pour être remis dans ces fonctions pour inconstitutionalité du décret qui l’a démis, par l’opposition pour ce même thème…

un premier jugement contre l’utilisation des réserves vient d’ailleurs d’être prononcé

clarin  : http://www.clarin.com/diario/2010/01/08/um/m-02115938.htm

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